Les quatre 10 : la Contre-commémoration 2017 des IPSO

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Qui veut explorer et construire l’avenir doit commencer par faire sa marque dans le rôle de visionnaire du passé, en sachant distinguer dans les moments les plus opaques comme les plus prometteurs de celui-ci ce qui permet de projeter et d’édifier le nouveau souhaitable.

Le Canada peut bien célébrer en 2017 tous les anniversaires qu’il voudra, la tâche québécoise, elle, sera d’interroger les dates véritablement significatives rencontrées tout au long de son parcours historique par le peuple établi depuis 1608 sur les bassins versants du Saint-Laurent, ces étapes qui le conduiront à bien identifier la trajectoire suivie ainsi que celle à privilégier dans les temps à venir.

Les débats organisés par les IPSO en février et avril prochains visent à déterrer la matière première enfouie dans ces moments charnières de l’histoire québécoise. Les intervenants s’affaireront à récupérer ce qui peut être utile à la construction du Québec de demain. Développer une compréhension lucide de ce qu’on a vécu mais aussi de ce qu’on a voulu vivre ouvre la voie à la maîtrise de ce qu’on sera.

Certains événements phares du passé québécois, tenus pour fort connus, n’ont guère été traités avec toute l’attention qu’ils méritaient. La vérité n’est pas particulièrement ce qu’on a préféré croire, feint de croire ou été amené à croire. Elle loge rarement par ailleurs dans le discours idéologique dominant affiché par les États qui furent des vainqueurs faciles à des périodes spécifiques de leur histoire et qui se contentent ensuite de se complaire dans leur autosatisfaction et leurs certitudes.

Ce qui sera offert à un nouvel examen lors des débats proposés par les IPSO, c’est le Québec fondamental, au regard de ses carcans, de ses forces, de ses espoirs, de ses possibles. La commémoration par l’État canadien du 150e anniversaire de l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique est en comparaison de peu de portée.

Voilà pourquoi, si on veut revisiter un passé qui a pesé lourdement mais qui se révèle aussi porteur virtuel d’un avenir émancipé, il vaut mieux participer à nos deux soirées où le réel pourra être sérieusement sondé.

Les deux débats en question seront centrés sur quatre journées qui ont laissé leur empreinte sur le Québec. Quatre 10 du mois, où quelque chose de crucial s’est joué et se joue toujours. Il s’agit du 10 février 1763 (Traité de Paris), du 10 juin 1791 (Acte constitutionnel créant le Bas-Canada et lui conférant une assemblée délibérante), 10 mai 1823 (la grande pétition contre l’Union) et 10 février 1841 (la mise en place du Canada-Uni, en fait du Canada tout court).

Que signifie pour la nation québécoise d’aujourd’hui le 10 février 1763 ? Faut-il continuer à pleurnicher à l’évocation de cette date ? Elle inclut peut-être en elle-même sa propre potion magique d’auto-guérison, son propre remède caché.

L’Acte constitutionnel de 1791 est conditionné par certains des évènements historiques les plus déterminants jamais advenus en Occident : les révolutions américaine et française notamment. Les conséquences démographiques sur le Québec de la première ont dessiné la ligne de vie du pays laurentien pour longtemps.

Les pétitions de la plus sombre époque de notre histoire, les décennies 1820, 30 et 40, en particulier la grande pétition déposée par Papineau et Neilson au parlement de Londres le 10 mai 1823, enregistrent avant 1867 la volonté ferme des Québécois concernant l’avenir qu’ils désiraient.

L’insatisfaction engendrée par un nouveau statut (l’Acte d’Union) imposé de force le 10 février 1841, lequel a été rénové mais tout aussi naturellement prolongé par l’AANB de 1867, se fait toujours entendre depuis dans le malaise politique perpétuellement reconduit du Québec.
Voilà un aperçu rapide des questions que soulèvent les quatre 10. Les IPSO invitent tous et toutes à venir entendre nos panélistes faire parler notre histoire haut et fort.

Jean-René Plante, membre du CA des IPSO, responsable de la Contre-commémoration 2017 et Pierre Serré, président des IPSO.
Soirées débats des IPSO les mardis, 7 février et 4 avril 2017, au 82 Sherbrooke ouest, à 19h.

Lien Facebook de l’évènement : https://www.facebook.com/events/1726333384362840/
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