Info Ipso Janvier -Février 2018

Mot du président

L’actualité des derniers mois, en particulier les événements qui se sont produits en Catalogne et en Espagne, s’est avérée riche d’enseignements pour les mouvements indépendantistes actifs dans les pays occidentaux.

La lutte nationale des Catalans, comme celle des Québécois et des Écossais, illustre à quel point des mouvements éminemment démocratiques peuvent tout de même faire face à des groupes d’intérêts n’entendant reculer devant rien pour protéger leur emprise sur les nations minoritaires comme sur leur propre nation majoritaire.

L’élite espagnole, à l’instar de l’élite canadienne, flirte autant avec l’ignorance qu’avec les limites de la démocratie, s’appuyant sur les autres élites occidentales sans jamais sentir la moindre la nécessité de consulter démocratiquement la nation majoritaire. Ainsi les élites françaises, britanniques, canadiennes, espagnoles et autres adoptent plus ou moins aveuglément des positions hostiles sinon agressives à l’égard de tous les mouvements nationalistes nationaux.

Les dernières décennies ont montré que des régimes démocratiques peuvent parfaitement réprimer leurs minorités nationales en allant jusqu’à menacer leurs droits collectifs fondamentaux : le droit d’une minorité d’assurer sa propre survie ainsi que son épanouissement collectif, de contrôler son propre développement afin de lutter contre la discrimination systémique, de contrôler son propre système judiciaire afin de ne pas être soumise aux quatre volontés de la nation majoritaire, de contrôler ses propres
communications afin de jouir d’une information juste et objective en lieu et place d’une propagande plus ou moins subtile.

Entre nations distinctes, partenaires dans un même État, une relation d’égal à égal – malgré la démographie, le partage des pouvoirs et l’économie – est la seule alternative à la relation de domination. Puisque dans ce cas la seule issue est l’effacement de la nation minoritaire par le « nettoyage ethnique ou religieux ou linguistique », la seule option valable pour la minorité devient la recherche de sa propre indépendance.

La répression prônée par le gouvernement espagnol de Mariano Raboy représente une menace vitale à l’encontre des Catalans. Elle traduit un blocage politique qui pousse ces derniers vers la sortie. Il faut espérer que le bon sens démocratique prévaudra chez tous et chacun et que le dialogue aura le dessus sur la répression, quitte à ce que l’Espagne et la Catalogne divorcent.

L ’attitude des pays voisins demeure pour l’instant sous observation. La cr ise catalane/espagnole, dominée par la répression du plus fort, pourrait générer un nouveau printemps démocratique capable d’emporter les régimes occidentaux soumis à leur élite conservatrice. Pour nous, Québécois, ces élites anti-démocratiques doivent être dénoncées sur toutes les tribunes possibles. Un jour proche, les Québécois seront à nouveau conviés à défendre leur voie. Ils apprécieront alors tous les appuis démocratiques qu’ils pourront trouver, y compris chez les communautés majoritaires.

Pierre Serré

Président des Intellectuels pour la souveraineté

Nouveauté bientôt en ligne: la « Bibliographie des IPSO »

Les IPSO publient une bibliographie de textes choisis de membres des IPSO sur la
question nationale et l’indépendance du Québec

Il s’agit exclusivement de textes de membres des IPSO portant sur la question nationale et l’indépendance. La bibliographie comprend quatre parties: 1) les écrits des membres de conseils d’administration des IPSO; 2) les ouvrages collectifs des IPSO; 3) les écrits des membres des IPSO; 4) les écrits des récipiendaires du Prix Jacques Parizeau.

Pour des raisons pratiques, et dans un premier temps, nous avons demandé aux membres des IPSO de nous fournir un maximum de cinq références. La bibliographie voulue « vivante » sera enrichie de références supplémentaires au cours des mois à venir et continuera à évoluer avec le temps.Cette initiative devrait contribuer au rayonnement des intellectuels québécois indépendantistes, sur la scène nationale et internationale.

Compte rendu de la Soirée-débat des IPSO du 15 janvier 2018: Les conceptions de la nation et de l’État nation des partis politiques québécois

Par Jean-René Plante, membre du CA des IPSO

Problématique

Un tel thème évoque en lui-même le sens et la portée des positions des partis politiques quant à l’avenir du Québec. En sous-thème, l’énoncé implique également que ces conceptions se livreront révélatrices des idéologies véhiculées au sein de ces partis qui prétendent dessiner le cheminement futur de la société d’ici. Ainsi, le PLQ a l’habitude de se présenter comme le parti de tous les Québécois en affirmant qu’Être Québécois, c’est notre façon à nous d’être Canadiens, titre de sa Politique d’affirmation du Québec et de relations canadiennes. Qu’en est-il des autres partis? Que disent-ils de la nation et de l’État-nation? Leurs positions sont-elles claires et cohérentes? Reflètent-elles un projet d’avenir?

Claudette Carbonneau, présidente, OUI-QUÉBEC

Guy Lachapelle, PhD, Secrétaire général de l’Association internationale de science politique et professeur titulaire au Département de science politique, Université Concordia

Éric Martin, professeur de philosophie, Cégep Édouard-Montpetit
Gilbert Paquette, chercheur au Centre-laboratoire en informatique cognitive et environnement de formation (LICEF)

Animateur : André Jacob, professeur associé de travail social de l’UQÀM et artiste
Claudette Carbonneau, évoque d’emblée le pénible accouchement de la nation québécoise. Et les diverses conceptions récentes de celle-ci qui se sont succédé auParti Québécois depuis l’apparition de ce véhicule politique.
Durant la phase où le texte de référence est Option Québec, la nation est marquée d’un accent ethnique qui traduit le statut socio-économique inférieur des francophones dans la société québécoise. Un esprit de rattrapage et d’action positive règne et le discours s’adresse d’abord à la population francophone « de souche ». Le chef du parti, René Lévesque, est cependant très sensible aux droits des minorités ainsi qu’au respect des peuples autochtones. C’est pourquoi dès cette époque le mouvement indépendantiste agira pour reconnaître solennellement les 11 nations autochtones. De même les droits de la minorité anglophone seront confirmés dans une sorte de recherche d’équilibre avec ceux de la majorité.

Dans une deuxième phase que peut symboliser la mise en œuvre de la loi 101, l’amélioration du statut des francophones étant pour l’essentiel acquise, la nation québécoise est comprise alors comme une nation civique chez laquelle l’affirmation de l’égalité des droits de tous est centrale. Le Québec du référendum de 95 s’inscrit dans cette perspective reflétant la sensibilité internationale.

Mais vers 2007 une nouvelle donne se fait jour. La montée de l’ADQ, qui relègue un temps le PQ à la troisième place de l’échiquier politique avec une approche moins civique, crée des tensions nouvelles au sein du PQ. Un certain virage identitaire se manifeste. Le tableau se complexifie avec l’apparition de Québec Solidaire, en faveur de l’indépendance du Québec, mais coloré par le multiculturalisme canadien et prêt à laisser certains de ses militants faire un mauvais procès d’intention aux indépendantistes en général sur cette question de l’identité québécoise.

Par rapport à l’avenir de la nation québécoise, le Parti libéral du Québec, généralement au pouvoir dans cette phase, est bien plus préoccupé de s’accommoder à n’importe quel prix du Canada que de résistance. En témoigne le titre de son document sur la question : Québécois, notre façon d’être Canadien. Autrement dit: comment se comporter en parfait appendice canadien.

La Coalition Avenir Québec présente une vision conservatrice de la nation. Elle évacue la reconnaissance du Québec comme nation politique, faisant miroiter le mirage d’un rattrapage économique global du Québec sans leviers politiques nouveaux le rendant possible, rejoignant ainsi le camp de la passivité politique qui est celui du PLQ. Leur horizon commun est le Québec vu comme une région canadienne parmi d’autres.

Claudette Carbonneau conclut en appelant à un dépassement de ce cul-de-sac. La nation québécoise doit faire le plein de toute la force politique de sa population, quelle que soit l’origine de celle-ci. Cela pourrait se faire par l’appropriation par les divers éléments de la société civile d’un projet de constituante québécoise, tel celui prôné par OUI Québec. Et par ailleurs la planète étant entrée dans une phase nouvelle de migrations majeures le Québec ne pourra gagner son combat national qu’en devenant un modèle d’accueil et d’intégration. Il n’y pas d’avenir dans le repli identitaire.

Guy Lachapelle en appelle également à une conception de la nation plus progressiste de la part des partis politiques. Il a l’impression que les quatre partis politiques représentés à l’Assemblée nationale dégagent, collectivement, un relent de l’Union Nationale de Daniel Johnson père en 1962 et de ses positions reflétées dans Égalité ou indépendance.

La CAQ, qui domine présentement dans les sondages, projette la vision d’une sorte de Canada duel tel que fantasmé à l’époque, à l’encontre de tout réel. Cette vision a aussi le défaut de ne pas tenir compte du fait que l’indépendance des états nationaux est loin d’être un concept dépassé.

Le panéliste met l’accent sur les succès rencontrés par le Québec dans les dernières décennies. La situation économique de la majorité francophone, si affligeante au début des années 60, s’est radicalement transformée. La guerre linguistique qui semblait poindre a laissé la place à une paix linguistique fondée sur l’affirmation du français comme langue de l’État québécois. Une nation québécoise civique plutôt qu’ethnique, porteuse d’une authentique fierté nationale qui lui est propre, s’est développée au fil du temps.

Bien sûr des problèmes subsistent, et graves. Le fossé pour les francophones habitant le Québec non métropolitain s’est creusé avec Montréal où ils se sentent étrangers. La réponse collective des Québécois aux problèmes contemporains semble un nationalisme à la fois mou et identitaire. La commission Bouchard-Taylor a tenté de trouver des voies permettant de dégager un meilleur confort dans les relations entre population plus ancienne et nouveaux arrivants. Les difficultés du présent peuvent certainement être dénouées.

Pour Éric Martin, le pays à faire en commun doit reposer sur une dialectique féconde entre la question nationale et la question sociale. Une réponse qui ne tient compte que de l’un des deux facteurs est condamnée à l’échec. C’était déjà la position de la revue Parti Pris dans les années 1960, qui avait su bien saisir l’essentiel de la spécificité québécoise.

Sous cet éclairage, le panéliste se livre à une tournée des partis politiques québécois.

Le Parti Vert, qui évacue complètement la question nationale, n’est pas en mesure d’apporter une solution à la crise québécoise.

Le PLQ et la CAQ se révèlent incapables de penser simultanément les deux questions. Ils refusent l’indépendance nationale et ne remettent nullement en question le système économico-social existant pour lequel ils montrent au contraire un enthousiasme certain. Le plus récemment créé des deux, la CAQ, présente la question nationale comme de la « vieille chicane », ne parle que de rattrapage économique au sein du Canada sans remettre en cause l’ordre politique ou l’ordre économique, préférant entretenir la vision béate d’un Québec devenu Silicon Valley du Nord grâce au projet Saint-Laurent.

Le PQ semble plus prometteur. Il a affronté la question nationale à travers deux référendums. Il est en principe social-démocrate, donc « actif » sur le front social. Mais selon la formule courante, il a tendance à clignoter à gauche tout en tournant à droite. Il s’est tout récemment replié sur un nationalisme de conservation. Le flottement s’est emparé de lui sur les deux questions, sociale et nationale.

QS semble avoir maîtrisé cette dialectique du social et du national. Le parti est en faveur à la fois de l’indépendance du Québec et d’un dépassement du capitalisme. Mais en pratique l’accent est surtout mis sur la question sociale et le parti génère un certain flou par rapport à sa démarche nationale. Il est également un parti essentiellement montréalais, de façon presque caricaturale. Sa fusion avec Option Nationale pourrait raffermir chez lui la nécessaire dialectique du national et du social.

L’intervention se clôt par un rappel de l’horizon actuel : une mondialisation qui se révèle un cul-de-sac et accompagnée d’une crise écologique qui menace globalement l’avenir de la planète. Le panéliste fait la promotion des quatre D pour briser cet embâcle : la démondialisation, la décolonisation dans les rapports entre les pays et les peuples, la décroissance (une nouvelle agriculture durable remplaçant l’agriculture industrielle, l’abandon définitif du pétrole, etc.) et le développement collectif et la coopération comme nouveaux moteurs de l’économie et de la société.

Gilbert Paquette ouvre la dernière intervention en posant trois questions: Où en est la nation? Quelles sont les forces à l’œuvre contre la nation? Comment assumer et réaliser notre projet national?

Il souligne d’abord que le Québec est une société globale, clairement un peuple qui se perçoit comme tel, mais une nation en devenir, en attente, sur la défensive, et ne pouvant compter que sur un demi-État. Cela affecte l’avenir de la nation sur tous les plans : territoire, population. Langue, démocratie, économie, environnement, effacement international où l’identité canadienne et les choix canadiens priment.

Depuis les États généraux de 1967, de canadienne-française qu’elle était, notre nation s’est redéfinie en tant que québécoise, se recentrant ainsi sur le territoire du Québec, adoptant une identité civique plutôt qu’ethnique, passant d’un nationalisme conservateur à un nationalisme progressiste, regroupant désormais en son sein des minorités ethnoculturelles. Une culture de convergence, pourtant nécessaire, est contestée par l’attraction de deux pôles concurrents d’intégration, Canada et Québec.

Les forces agissant contre la nation et l’avènement de l’État-nation au Québec sont de trois ordres: mondialisation, communautarisme, centralisation supranationale. Les forces mondiales du néolibéralisme et de la globalisation poussent dans le sens du rétrécissement de la nation québécoise. Elles travaillent à une uniformisation et une homogénéisation de la population mondiale en dissolvant les nations, leur préférant le communautarisme qui fragmente celles-ci et nuit à l’établissement d’un dialogue national d’où pourraient émerger des projets à l’encontre de l’ordre mondial. On assiste alors à des phénomènes de division plutôt que de convergence au sein de la nation.

Au Québec le phénomène d’effacement national est alimenté par certains choix opérés par les partis politiques, obéissant à des impératifs médiatiques, plutôt qu’à une vision nationale centrée sur le bien commun. Ainsi l’ADQ de Mario Dumont et à sa suite la CAQ de François Legault, autrefois ténors souverainistes, ont choisi d’abandonner pour l’essentiel. Le Parti Québécois remet à 2022 la reprise du débat national. Québec solidaire, centré jusqu’à maintenant davantage sur la question sociale peut-il faire la synthèse avec l’objectif de l’indépendance. Le Québec est à court de projets collectifs, mais une nation peut-elle perdurer sans projet national, sans vrai État national ?

En fait il n’y a pas de sortie possible aux difficultés actuelles sans le recours à l’ensemble des forces présentes au sein de la nation, dans un processus de convergence. C’est ce que visent les OUI-Québec par la proposition d’une démarche constituante s’adressant à toutes les composantes de la société québécoise. En débattant de nos projets de société en lien avec la nécessaire indépendance – c’est aussi l’objectif de mon récent ouvrage Un pays en tête – nous pourrons redécouvrir que, collectivement, nous avons le pouvoir de décider, de changer les choses. Pour que tout redevienne possible.

La vidéo de ce débat est disponible sur les sites suivants :

https://www.youtube.com/watch?v=GMUq9sixhYo

Les conceptions de la nation et de l’État-nation des partis politiques

Prochaine Soirée-débat du 19 mars 2018. Le français au Québec et dans le monde

Problématique

La situation linguistique au Québec a fait l’objet de plusieurs débats publics organisés par les IPSO. Elle a été abordée du point de vue politique, démographique, historique, culturel, identitaire, communautaire ainsi que des impacts respectifs de ces facteurs sur la pérennité du français au Québec. Dans un argumentaire indépendantiste tous ces débats étaient éclairants et ils demeurent pertinents. Mais la perspective indépendantiste ne peut pas faire l’économie des conditions de la reconnaissance de la place du Québec dans le monde, et de la place que nous voulons et pouvons y occuper aux côtés des autres nations qui y exercent leur souveraineté. Pour plusieurs, ces deux questions – la pérennité du Français au Québec et l’implication de ce dernier à l’échelle internationale—sont indépendantes l’une de l’autre, voire se contredisent mutuellement (comme si l’insertion du Québec dans un monde globalisé ne pouvait se faire qu’au prix d’une mise en veilleuse du français).

Nous désirons, au cours de notre prochaine soirée débat, explorer un point de vue différent, selon lequel la vigueur du fait français au Québec serait à la fois tributaire de la capacité pour ce dernier de s’impliquer en français auprès des instances internationales et un atout pour le rayonnement du Québec dans l’espace international. Tributaire, parce qu’une telle implication concrétise et illustre, pour nos concitoyens la valeur et la réelle importance de notre langue dans le monde et donc, la pertinence et l’importance d’en assurer ici la pérennité. Et un atout parce que la présence à l’étranger de nos « ambassadeurs » francophones, qu’ils soient enseignants, étudiants, artistes ou délégués par nos gouvernement, valide et confirme, dans l’espace international, notre capacité et notre volonté d’en faire partie en tant qu’État souverain. C’est la perspective que nous voudrions aborder dans le cadre d’une prochaine soirée débat.

Dans cette optique, les participants à cette soirée débat pourraient, par exemple: 1) faire état de la situation du français dans le monde (le “continent français”, son poids démographique, culturel, économique); 2) évaluer les obstacles susceptibles d’entraver une collaboration avec certains pays ou communautés francophones; 3) inventorier les mesures mises en place par l’Etat québécois dans le but spécifique d’entretenir des relations avec les pays ou les communautés francophones; 4) faire ressortir à partir d’exemples concrets les lacunes ou les avantages mutuels ayant résulté de telles relations; 5) évaluer le rôle et l’influence des associations ou des organisations non gouvernementales dans la diffusion des langues et des cultures; 6) illustrer les avantages que pourraient retirer tous les Québécois en s’affirmant dans leur langue et leur culture dans l’espace des nations qui jouissent de leur souveraineté, et ce, dans le contexte de la mondialisation.

Invités confirmés : Louise Beaudoin, Pierre Curzi, etc.
Animation : Jocelyne Couture, professeure retraitée de philosophie à l’UQAM et

conseillère à l’exécutif des IPSO
Rencontre sur la Catalogne. Rapport.
Par Jocelyne Couture, conseillère au comité exécutif des IPSO

En décembre 2017, Oui-Québec a convié le Comité exécutif des IPSO à une rencontre impromptue sur la situation catalane avec deux représentantes de la coalition qui forme maintenant le gouvernement catalan: Anna Gabriel et Mirea Vehi. Jocelyne Couture a participé à cette rencontre à laquelle participaient aussi, en plus de quelques membres de Oui-Québec, des membres de diverses organisations québécoises ( PQ, BQ, QS, Cercle culturel catalan , MDS).

Sans surprise, la rencontre a surtout porté sur les prochaines élections catalanes (21 décembre 2017) et le contexte sociopolitique dans lequel elles allaient se dérouler: récent referendum contesté manu militari par l’administration espagnole, représailles imposées à la population catalane à la suite de ce référendum, exil de l’actuel président catalan, emprisonnement des membres de son gouvernement, réaction de l’Union européenne, division de l’électorat catalan, etc. Des questions ont été soulevées concernant l‘impact de la position européenne, le capital de sympathie dont jouissaient (ou non) les indépendantistes catalans auprès de la population espagnole et en particulier, des leaders du parti progressiste Podemos. Des parallèles ont été suggérés avec certains aspects de la situation des mouvements indépendantistes québécois. Aux questions posées sur la manière dont nous pouvons maintenant manifester notre soutien à la cause catalane, le directeur du Cercle culturel catalan a invité les participants à la rencontre à signer et à recommander aux membres de nos organisations, de signer la pétition qu’il a mise en ligne et qui avait reçu à ce jour, plus de 2,000 signatures.

► Le drapeau québécois

Par André Jacob, membre du CA des IPSO

Le 21 janvier dernier a marqué le 70e anniversaire de la première levée du drapeau québécois au sommet de la tour du Parlement. Personne n’a souligné cet anniversaire. Le drapeau (ou la bannière, disent certaines personnes en levant le petit doigt, parce que nous ne sommes pas un pays, nous n’avons pas un vrai drapeau). Voilà un symbole de ralliement qui a perdu son sens et sa portée mobilisatrice. Il ne fait plus appel au patriotisme et/0u ne sert plus de levier de l’action populaire. Est-on en train d’en faire une coquille vide? En coulisse, les fédéralistes doivent jubiler. Bientôt, la feuille d’érable rouge pourrait supplanter le drapeau du Québec, comme à l’hôtel de ville de Montréal, et personne ne s’en apercevra… Désolant!

En Catalogne, selon Magi Miret-Mestre, le processus a été inversé depuis 2012 par une valorisation du drapeau non officiel : « Les Catalans ont amorcé une processus de rupture pacifique. Un symptôme évident de cette rupture de légitimité de l’État espagnol fut la diminution progressive dans les manifestations de la présence du drapeau officiel catalan (« la senyera ») et son remplacement par le drapeau non officiel (« L’estalada) qui est le symbole de l’indépendance de la Catalogne et qui est devenu omniprésent ». Miret-Mestre, Magi (2018). « La Catalogne à la croisée des chemins», dans L’Action nationale, janvier, vol. 8, no. 1, p. 26.

Estalada en catalan signifie l’Étoilée. Il semble que l’étoile dans la symbolique catalane aurait été adoptée au début du XXe siècle dans la foulée de l’indépendance de Cuba. Au fil du temps, l’étoile a changé de couleur. Elle a été rouge dans les années d’après- guerre quand socialistes et communistes pensaient la Catalogne comme un territoire progressiste. À la suite de la chute de l’URSS, l’étoile blanche a fini par supplanter la rouge.

Dates québécoises à commémorer à partir de 2019 Par Jean-René Plante, membre du CA des IPSO

Le 10 février devrait être la date la plus importante du calendrier québécois. Il y a trois raisons majeures à cela.

Le 10 février 1763 le gouvernement français d’alors apposait sa signature au Traité de Paris qui disposait notamment du territoire de la Nouvelle-France et avec lui, du fait même de sa population permanente, les deux se trouvant cédés à la couronne britannique. La population coloniale de la Nouvelle-France faisait partie à ce moment de la nation française; cette dernière expression allait fortement s’imposer moins de trente ans plus tard lors des événements de la Révolution française. La cession de 1763 allait avoir des conséquences vertigineuses sur la population restée sur place . Ce peuplement prendrait ainsi divers noms au fil du temps. Il aurait à vivre surtout avec les suites d’une décision sur laquelle il ne fut nullement consulté.

Sur la portion du territoire en jeu appelée aujourd’hui le Québec, la population actuelle se présente désormais sous l’étiquette de « québécoise ». En 1763 le peuplement dont elle est issue fut retranché du jour au lendemain de la nation française. Il ne pouvait pas non plus à cet instant être part de la nation qui venait de l’envahir et de l’agresser au moyen de son armée. Il advint donc nécessairement de cette population qui vivait déjà une existence nationale qu’elle accéda instantanément à un statut de nouvelle nation autocéphale (à moins d’être récupérée dans un délai court par son ancienne métropole, ce qui ne fut pas le cas). La nation appelée aujourd’hui québécoise présente donc cette caractéristique rare : sa date de naissance est connue ; elle est née un jour précis du calendrier, le 10 février 1763. Ajoutons une autre particularité : cela en fait la plus ancienne nation d’Amérique disposant d’un État.

À la suite des événements du Bas-Canada et du Haut-Canada de la fin des années 1830, le gouvernement britannique vota une loi fusionnant lesdites colonies en une seule. Ce projet, mis en œuvre après trois années de régime d’exception de type militaire et voté à Londres en 1840, qui avait été désavoué d’avance par la nation québécoise d’alors à l’occasion d’une gigantesque pétition dès 1823 et le fut à nouveau par d’autres pétitions sans ambiguïté en 1840, fut porté en Amérique par le nouveau gouverneur général Poulett Thomson (pour ses services indignes il fut alors anobli en tant que premier baron Sydenham). Poulett Thomson, dont l’ordre de mission s’accompagnait de marges de manœuvre, choisit de proclamer le Canada-Uni à Montréal le 10 février 1841 pour rappeler aux francophones leur assujettissement. Cette date d’infamie est aussi celle de la naissance camouflée, inavouée, du Canada d’aujourd’hui, qui a préféré mousser comme acte de naissance officiel la date moins controversée du premier juillet 1967, celle de l’entrée en vigueur de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, où l’augmentation du territoire et de la population fut assez négligeable et le nouveau régime dans la continuité essentielle du précédent tout en mettant en place une fédération de façade rendue nécessaire par l’énormité future du territoire visé et à contrôler.

Ces trois raisons militent pour que le mouvement faisant la promotion de l’indépendance nationale du Québec ne néglige pas de commémorer les trois événements les plus significatifs à avoir modelé le parcours unique de la nation québécoise jusqu’à maintenant, tous s’étant produits le même jour, le 10 février.

Les IPSO adhérent à OUI-Québec

Les Intellectuels pour la souveraineté font maintenant partie de OUI-Québec (les Organisations unies pour l’indépendance) et pourront déléguer un membre au conseil d’administration et à l’assemblée générale de OUI-Québec. C’est un grand honneur et ceci contribuera au renforcement de la capacité d’intervention de notre organisation et du mouvement souverainiste en général.

OUI Québec

Le 17 janvier 2008, la Tournée constituante des OUI Québec a organisé une soirée- débat sous le thème: « La constituante : dessinons les contours du pays ! ». Deux membres des IPSO, Daniel Turp, professeur de droit à l’Université de Montréal et Danic Parenteau, professeur au Collège militaire royal de Saint-Jean, ont pris la parole, ainsi que Robert Laplante, Directeur de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) et de la revue L’Action nationale. La présidente et le vice-président des OUI- Québec, Claudette Carbonneau et Jason Brochu-Valcourt, ont animé cette soirée. Pour connaître tous les détails concernant la tournée sur la constituante et les prochains arrêts, voir sur le site

https://www.ouiquebec.org

Micheline Labelle, vice-présidente des IPSO

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